Le Japon prend les empreintes digitales des étrangers
NARITA, Japon (Reuters) - Le Japon a commencé à prendre les empreintes digitales de tout visiteur étranger sur son territoire afin de lutter contre le terrorisme, une mesure dénoncée par les organisations des droits de l’homme et certains hommes d’affaires.
"A une époque où le terrorisme est présent partout dans le monde, nous voulons que les étrangers entrant au Japon coopèrent et comprennent qu’il est dans leur intérêt que le Japon soit un pays sûr", a déclaré le directeur du bureau de l’immigration de l’aéroport de Narita, le principal aéroport international desservant Tokyo.
"Le principal objectif est la prévention du terrorisme", a ajouté Hisashi Toshioka.
Pour ses détracteurs, cette mesure reflète les préjugés du pays selon lesquels les actes terroristes sont le fait d’étrangers et ne peuvent être commis par des Japonais eux-mêmes.
"Au Japon, les empreintes digitales sont limitées aux personnes arrêtées pour des crimes, traiter les étrangers de la sorte est donc une grave violation des droits de l’homme", a estimé Mitsuru Namba, de la Fédération des avocats.
"Le gouvernement dit que son objectif est d’empêcher le terrorisme, mais à l’arrière-plan, il y a la discrimination liant étrangers et criminalité", a-t- ajouté.
Certains voyageurs interrogés à l’aéroport de Narita n’ont pas semblé dérangés outre-mesure par ces procédures. Les autorités scannent les empreintes digitales et prennent une photo du visage à l’aide d’un appareil numérique.
Les résidents "spéciaux", d’origine chinoise ou coréenne mais nés au Japon pour la plupart et descendants des victimes du travail forcé dans les années 1930 et 1940 sont exemptés, ainsi que les diplomates et les enfants de moins de 16 ans.
Ce qui semble faire grincer les dents de nombreux visiteurs est l’obligation de recommencer la procédure à chaque fois qu’ils reviennent au Japon.
"Mon mari est japonais. J’ai deux enfants japonais adultes qui travaillent à Tokyo. Je me sens un peu insultée", déclare la Britannique Jennifer Ukawa, âgée de 69 ans.
Les chambres de commerce européenne, australienne et néo-zélandaise se sont inquiétées des retards qui pourraient se produire à l’arrivée dans l’archipel.
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