Pakistan : Benazir Bhutto est morte dans un attentat suicide
ISLAMABAD (AFP) - L’ex-Premier ministre pakistanais Benazir Bhutto est morte jeudi des suites de ses blessures après l’attentat suicide qui a visé un de ses meetings dans la banieue d’Islamabad, a annoncé le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Javed Cheema.
Au moins quatre personnes ont par ailleurs été tuées jeudi à Islamabad dans des échanges de tirs lors d’une réunion électorale de l’ex-Premier ministre Nawaz Sharif, l’un des leaders de l’opposition, a annoncé la police.
Les corps d’au moins dix personnes, dont certains déchiquetés, gisaient sur la chaussée juste après l’attentat suicide et plusieurs personnes étaient blessées, a témoigné unjournaliste de l’AFP.
"Il s’agissait d’un attentat suicide, un kamikaze a fait exploser la bombe qu’il portait sur lui alors que les gens quittaient le meeting", a précisé le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Javed Cheema.
"Nous ne connaissons pas encore le nombre de victimes", a-t-il précisé.
Dans les échanges de tirs lors d’une réunion électorale de l’ex-Premier ministre Nawaz Sharif, "Quatre personnes sont mortes et trois ont été blessées", a précisé un officier de la police d’Islamabad, Shoaib Janbaz.
Les coups de feu semblaient provenir d’un bâtiment hébergeant un parti politique rival qui soutient le président Pervez Musharraf, selon des témoins interrogés sur place . La police n’a pas confirmé cette information pour l’heure.
Le drame est survenu dans un quartier périphérique de la capitale quand des militants du parti de M. Sharif préparaient des banderoles juste avant l’arrivée de leur leader et alors qu’une bagarre venait d’éclater, a indiqué un autre officier de police qui a requis l’anonymat.
L’ex-Premier ministre (1990-1993 et 1997-1999) est rentré le 25 novembre de six années d’exil pour participer aux élections législatives et provinciales prévues pour le 8 janvier et dirige l’un des deux principaux partis de l’opposition.
Il avait été évincé du pouvoir le 12 octobre 1999 par son chef d’état-major de l’époque, le général Pervez Musharraf.
Le gouvernement de M. Musharraf a autorisé M. Sharif à revenir au pays six ans après qu’il eut été condamné à la prison à vie notamment pour corruption, détournements de fonds publics et détournement d’avion (celui qui ramenait le général Musharraf d’un voyage à l’étranger le 12 octobre 1999).
M. Sharif avait signé en 2000 un accord avec le gouvernement au terme duquel il sortait de prison s’il acceptait de s’exiler 10 ans.
La Commission électorale a récemment rejeté sa candidature aux élections du 8 janvier en invoquant sa condamnation pour des crimes en 2000.
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